Errances altiplaniques en Amérique du Sud | |
Communaute indigene de Cuenca
11:14, 2/08/2008
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Aujourd hui, je suis allee visiter une nouvelle communaute indigene pour comprendre chaque jour un peu plus ces peuples andins et leur sagesse millenaire. A 9h, Alfonso notre guide nous attend a Cuenca pour nous emmener dans son village, sa communaute et nous faire partager sa culture, ses traditions qui me fascinent chaque fois un peu plus. Premier choc en arrivant dans son village : c est de voir tant de maisons si majestueuses. Il nous explique qu il s agit des maisons construites par les familles dse migrants. En effet, combien d equatoriens vivent dans des conditions merdiques dans nos pays occidentaux pour pouvoir envoyer le peu d argent qu ils gagnent a leur famille et leur faire croire qu ils ont reussi en partant vivre a l etranger. Bien sur, les USA peuvent apparaitre un el dorado pour les equatoriens quand ils voient l argent envoye. Mais au prix de combien d humiliations subies, au prix de combien de sacrifices, au prix de quelles conditions de vie? Alfonso nous explique donc son projet de tourisme communautaire qui est une specificite de l Equateur. L accueil de tourisme leur permet de rester au pays mais aussi d ameliorer les conditions sanitaires des enfants. En guise de bienvenue,il nous offre le canelazo qui est le grog local, super tonifiant a 9h du mat. Puis un petit dejeuner local: le mote (mais a l eau) avec des oeufs. En premier lieu, il nous presente toutes les plantes medicinales qu ils utilisent encore pour se soigner. Il y en a pour tout : le stress, les reins, le foie... mais aussi pour les femmes enceintes. Ilexplique que desormais les femmes vont a l hopital et que lorsque le bebe se presente mal, les medecins font une cesarienne. Auparavant,ils secouaient les femmes et donnaient des plantes pour que le bebe prenne la bonne position. Il explique que leur plantes medicinales ne sont pas seulement des calmants comme nos medicaments traditionnels mais soignent en profondeur. Il nous montre les limites du territoire Cañari qui s etend sur 10000km2. Au loin, on apercoit un point blanc : Il nous precse que Condamine etait venu en 1736 avec toute son equipe pour chercher la ligne qui separait la terre en deux (l Equateur). Ils ont mis avec tous les instruments 10 ans a la trouver alors que les incas l avaient trouve bien avant eux et de maniere bien plus precise, seulement en observant la nature. Alfonso nous parle de "ses amis espagnols" qui sont arrives en Amerique Latine avec leur bible dans laquelle il etait ecrit : ne pas tuer, ne pas voler... ce qu ils n ont bien sur pas respecter puisqu ils ont tue des milliers de personnes et voler tout leur territoire pour faire esclave les survivants de leur massacre. Il nous raconte l histoire de son pere qui etait Peon et qui travaillait pour un descendant d espagnol et qui a ete exploite toute sa vie. Il travaillait tous les jours dans les champs produisant du ble, dse cereales, du lait. Le patron l emportait sur les marches pour les vendre et eux n avaient pas le droit de prendre un verre de lait, un peu de ble: ils travaillaient juste pour enrichir les patrons. Les peones devaient embrasser les mains des patrons sinon ils les traitaient d indiens mal eleves (j avais deja explique que le terme d indien est tres pejoratif) en leur promettant que Dieu les punira. Lui a vu son pere etre esclave sur son propre territoire, sur leur propre terre qu on leur avait derobe. Il y a 35 ans, une reforme agraire a eu lieu et le gouvernement a demande aux patrons de redistribuer les terres a chaque peones. Bien sur, les patrons n etaient pas d accord (cf. discours du proprietaire du ranch dans lequel je suis allee qui pleurait pour ces terres perdues: avoir els deux versions en peu de tempspermet d etre clairvoyant). Ils ont voulu vendre leur terre aux indigenes qui biens sur n avaient pas d argent. Les peones ont donc migre dans les plantations de bananes pour travailler et gagner un peu d argent. Alfonso dit avoir travailler dur pour pouvoir s acheter aujourd hui la terre de ces ancestres et vivre dans son territoire cañar et ainsi, pouvoir aider sa communaute et permettre a son peuple de se developper. Les catholiques disent qu on ne doit adorer que Dieu. Eux, par la force des choses, sont devenus catholiques mais continue a adorer la nature et lui rendre hommage car c est elle qui nous nourrit, qui nous permet de vivre. Ils vouent un veritable culte a la madre tierre, la pachamama et font frequemment des offrandes pour la remercier. A ce titre, on a eu droit a une seance de purification pour se faire pardonner d abimer la terre mere en utilisant ses ressources. Avec un baton d encens et une petite incantation, on a pu ainsi expier nos fautes. Nous avons aussi recu l energie de la terre merre, en prenant une position , genre yogi et respirant profondement en se tournant vers les 4 points cardinaux.j ai l impression que beaucoup de rituels dans le monde se ressemble mais sont exprimes de differentes manieres. Les etres humains sont finalement plus proches qu ils ne l imaginent. Meme cette petite excursion presente un aspect tres folklorique pour les touristes, leur croyance est reelle et leur foi intangible. Alfonso nous parle ensuite du rechauffement climatique qui n est qu une consequence logique des actions des hommes et du manque de respect qu on a eu envers la nature. Si l homme n avait pas detruit la vegetation, la couche d ozone n aurait pas ete detruite. Il continue en disant que , en detruisant la nature, la pachamama se met en colere et nous subissons chaque jour les consequences de nos actes (hurrican aux USA, tsunami, ... ne sont que les manifestations de notre irrespect envers la nature). Il dit que dans 50 ans Cuenca manquera d eau et que , comme beaucoup d autres le predisent, la prochaine guerre mondiale sera la guerre de l eau puisque nous aurons epuise toutes nos ressources. Pour eux , le tourisme est finalement plus un pretexte pour faire passer leur message et pour nous faire comprendre l importance de conserver la biodiversite mondiale. Il insiste sur le fait que malgre les nombreuses religions qu on peut tous avoir quelque soit notre culture , malgre les nombreux dieux que l on peut avoir, on continue a detruire nos ressources, notre patrimoine. Son travail, sa mission c est de faire partager ses traditions, ses croyances, le message des cañaris a la terre entiere : cuidemos nuestra naturelaza (protegeons notre terre)!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Son message est touchant de sincerite et de foi. A l heure actuelle, combien de peones y a t il encore sur terre? Combien de pauvres travaillent pour les riches que nous sommes? Beaucoup , beaucoup trop. PS : Au fait, dans le prochain numero d Ushuaia, il y aura un article sur la communaute de Chilcapamba (celle ou je vais tout le temps ) alors pensez a l acheter. Ajouter un commentaire { Page précédente } { Page 2 sur 46 } { Page suivante } |
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