Errances altiplaniques en Amérique du Sud | |
¡ Viajar es mi droga!
06:37, 18/07/2007
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Arica, me revoila. Le 16 juillet, apres avoir passe une nuit dans un bus, nous arrivons a Tacna. Habituellement, lorsque j arrive dans une nouvelle ville, je me sens vulnerable devant l inconnu. Mon cerveau est vierge d images mentales et les seules representations que je me suis faites de l endroit proviennent des lectures des guides. Le lonely planet, avec le principe de precaution, vehicule tres souvent des images negatives qui heureusement, s effacent des que l on decouvre la realite. Avec leurs nombreuses mises en garde contre les vols, les maladies et autres details peu avenants, le voyage apparait comme une epreuve. Des qu on le vit, il s apparente a un jeu. En arrivant a Tacna, mon cerveau n est plus vierge. Il s anime soudain aux rythmes des images de mon voyage precedent que la memoire s est amusee a transformer, a oublier, a deformer. J essaie de retrouver le connu dans ce qui m entoure. Mais, je ne m y retrouve pas. Au bout de quelques minutes, je comprends que je ne suis pas dans le bon terminal de bus et par consequent, je ne risque pas de trouver mes points de reperes. Lorsqu on monte dans le taxi qui nous permet de franchir la frontiere chilo peruvienne, je m evade dans mes pensees, dans mon passe. Sensation deroutante de revivre le deja vecu mais en sens inverse. Lorsqu on approche d Arica, je reconnais le Morro, la colline qui domine la ville et ou j avais ete me ballader l an passe, ravie d avoir trouve un endroit fui par le tourisme europeen. Encore quelques minutes avant d arriver a l auberge du bonheur... cet oasis familial dans le desert du voyageur solitaire. Nous sonnons a la porte. Personne ne repond. Nous insistons encore et encore quand finalement, une jeune peruvienne vient nous ouvrir. Tout le monde dort encore, il est pourtant midi. La soiree de la veille a scotche tout le monde. En penetrant dans l auberge, je fais un voyage dans le passe. 15 mois effaces en une fraction seconde. J observe, cherche ce qui a change, les murs sont recouverts par des messages supplementaires laisses par les touristes de passage... preuve qu il y a eu de la vie, des fetes et encore des fetes pendant tout ce temps. Ma memoire remise a jour melange passe et present.
Je retrouve Roberto, le proprio de l hotel, ce personnage atypique qui transforme chaque jour du quotidien en un jour de fete. Apres les salutations, nous reprenons les discussions la ou nous les avions interrompues il y a 15 mois, c est a dire hier dans l echelle de la relativite du temps. A peine sommes nous arrivees que nous partons avec lui et une 10aine d autres touristes manger dans un resto de la ville. Ce lundi est jour ferie ( on ne saura jamais pourquoi) et le resto initialement prevu est ferme. Nous nous rabattons sur un autre resto, tres sympathique dans une jolie gare desaffectee. Ambiance sympa entre voyageurs. Certains ont l air fatigue et ne se sont pas remis de leur soiree de la veille qui a du etre tres arrosee. Ce soir, un nouveau barbecue est prevu. Avant de rentrer a l auberge, on se balade dans la ville. J ai l impression d etre chez moi... Meme si l on n a pas fait grand chose aujourd hui, lorsque nous rentrons a l auberge, il est deja tard. Le barbecue se prepare tranquillement, les boissons coulent deja a flot... Je n aime ni la biere, ni le pisco. J aurais droit a un bon petit rhum... bien charge. Quelques gorgees suffisent pour me sentir bien, vraiment tres bien. J aime ces moments de flottements quand l esprit et le corps se deconnectent; quand les gestes se font moins precis et l humeur devient joyeuse. Tout est amplifie. Les discussions s animent; les langues se melangent (je parle bien sur de l espagnol, de l anglais du francais...) mais pas besoin d etre trilingue pour se comprendre. Dans ces moments, le langage devient universel, les sourires facilitent les contacts. Une chilienne d un certain age, completement torchee m offre un cadeau car Roberto lui a dit que c etait mon anniversaire. Je suis genee. J ai beau lui expliquer que ce n est pas aujourd hui, elle insiste et suis obligee de le prendre. Un jeune irlandais qui fait le tour du monde nous fait un petit concert a la guitare, rien que pour nous. ![]()
Soiree conviviale... agreable. Ces moments de partage entre personnes qui ne se connaissent pas me rappellent pourquoi j aime tant les voyages.
Comme je l ai dit dans le titre, voyager est ma drogue. J ai besoin de sentir circuler dans mes veines le souffle de la decouverte. Chaque annee, j ai besoin de m injecter ma dose de nouveautes, d inconnu, de liberte pour tenir pendant une annee. Les effets secondaires positifs durent longtemps apres la prise. Cependant, au fur et a mesure que l annee s ecoule, l etat de manque devient de plus en plus intense, je deviens vulnerable face a la routine, angoisse en attendant le prochain trip. Quand arrive le mois de juillet, je me sens prete a prendre une nouvelle dose de depaysement et m evader. Le choc est brutal mais si bon. Comment ne pas sombrer dans l overdose touristique quand on a connu le gout de la liberte? Je n ai pas encore trouver le remede pour me desyntoxiquer des voyages mais ai je vraiment envie de le trouver, d arreter de partir. Je crois que je ne suis pas encore prete a franchir le pas pour m installer dans un quotidien.
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